Astuces et Conseils

Vous voulez partir…

voici quelques conseils de pèlerins qui l’ont fait en une seule fois depuis chez eux jusqu’à Santiago, soit 1500km à pied en presque 3 mois.

 

A chacun son chemin, c’est actuellement une des rares activité actuelle ou il n’y a pas de score à obtenir, c’est chacun à sa façon… le seul objectif à avoir c’est celui de tout faire pour arriver à l’étape le soir et au but fixé, pas trop fatigué, pas blessé, et heureux de l’avoir fait.

On peut partir d’où on veut quand on veut…

Partir de chez soi, c’était la seule solution avant les transports en commun, actuellement c’est presque une exception ! Car  ce n’est pas toujours facile, il faut préparer son itinéraire, trouver les  chemins et les hébergements…

l’avantage des points de départs importants tel que Le Puy en Velay, c’est que tout est en place pour que cela se passe à peu près bien (fléchage, hébergement, etc) et en plus on n’est pas seul, on rencontre d’autres pèlerins qui ont le même objectif.

Le point de départ historique étant Le Puy en Velay.  (document origine chemin)

Rares aussi sont ceux qui partent pour aller jusqu’au bout à Santiago ou à Finisterre en une fois et,  dans ces cas déjà rares, peu arrivent effectivement au bout en une seule fois, c’est environ 2 à 3 mois de randonnée ; Raisons : fatigue, accident, etc.

La plus-part  partent  pour quelques jours, certains ne font qu’un jour ou 2 , souvent à cause de blessures aux pieds par manque d’entrainement et de préparation, c’est dommage !.  Certains le font un petit peu chaque année, c’est la majorité,  c’est à vous de voir en fonction de votre envie et de votre vie.

Quand partir ?

quand vous le pouvez et en fonction de vos possibilités. Si vous travaillez ce sera  en fonction de vos dates de congés, renouvelé plusieurs années…

Si c’est pour aller en une seule fois jusqu’à Santiago c’est 1520km du Puy en Velay, comme il s’agit de 2 à 3 mois de marche il est préférable de partir au printemps mars/avril/mai pour éviter les grosses chaleurs en Espagne en été , ou partir sur la période aout/sept/oct

Quelle distance par jour

… l’éternelle question…. C’est chacun son rythme,

un sportif de moins de 45 ans peut faire 25 à 30 km/jour, un retraité de plus de 60 ans devra se contenter de 15 à 20 km/j.

conseil de prudence : les 3 ou 4 premiers jours faites entre 15 et 20 km maxi, pour permettre à votre corps de s’adapter à ce nouveau rythme, pour mettre votre sac à dos dans la bonne position, pour ne pas trop vous fatiguer, pour tenir la distance et arriver à l’étape.

chaque soir, préparez l’étape du lendemain (et éventuellement celle du sur-lendemain), tenez compte du dénivelé du terrain, de la météo, des lieux hébergements et de la fatigue déjà accumulée les jours précédents, soit 4 critères à évaluer chaque jour pour prévoir l’étape à réserver pour le lendemain et les suivantes.

si vous êtes à plusieurs tenez compte de ceux avec qui vous cheminez, chacun à son rythme certains partent vite le matin mais trainent en fin de journée, en groupe il est bon de se mettre tous à la même allure qui est celle de celui qui est le plus lent. Ou alors c’est chacun pour soi et RDV le soir  à l’étape !

Conseil : En résumé vous allez marcher entre 4 à 6 h par jour, le départ est souvent vers  8h ou 9h, et pour arriver à l’étape suivante après  4 à 6 h de marche vous avez tout le temps de vous balader tranquillement, vous arrêter voir un beau paysage, discuter avec les autochtones, faire le pique-nique suivi d’une petite sieste, pour arriver après 15h à votre hébergement (de préférence réservé)

partir tôt le matin ?  certains partent à 5h (et en réveillant toute la chambrée au passage)… pour arriver à l’étape avant l’heure d’ouverture des gites, et que faire alors ? à la rigueur en pleine chaleur d’été dans une zone à basse altitude, peut être !

l’arrivée devant la porte du gite avant l’heure d’ouverture, le 1er arrivé pose son sac devant la porte, le 2e le pose après et ainsi de suite et le 1er arrivé choisi sa place dans la chambre. c’est en général bien respecté.

Quel équipement ?

voir le site ci dessous, sac pour 3 mois (mars avril mai) sur 1500km

http://83compostelle.canalblog.com/archives/2013/03/14/26648788.html

La grande règle à respecter : 10% du poids de votre corps, le sac à dos inclus ! plus….. c’est la fatigue assurée, l’accident possible dans une bonne descente, et le risque éventuel d’abandonner… un excédent de 5kg de plus dans le sac c’est 5 km de moins sur l’étape ou alors  de la fatigue en plus multiplié par le par le nombre de jour prévus….

10% …. Vous me direz « c’est peu » oui, très peu, mais faisable. Et c’est la seule façon

Soit : pour une personne de 60kg, un sac rempli = 6 kg soit environ 25 litres et pour une personne de 80kg, un sac rempli = 8kg soit environ 40 litres, en résumé le sac ne doit pas (ou peu) dépasser les épaules quand il est attaché dans le dos. Ceux dont le sac dépasse les épaules sont trop chargés (sauf pour ceux qui partent en autonomie complète avec tente et gamelles).

1er critère : vêtements légers et adaptés. Optez pour le « respirant » c’est-à-dire synthétique qui se lave facilement et sèche vite, pas de coton (lourd, mouillé si sueur, long à sécher).

2e critère : prendre 1 vêtement de change seulement, c’est-à-dire un équipement sur soi (de la tête au pied) et un 2e équipement  dans le sac, pas plus  !

Un impératif :  les sacs congélation à glissière de différentes tailles dans lesquels vous classerez vos affaires : 1 pour le soir, 1 pour  les vêtements de change, 1 pour la pharmacie, 1 pour les papiers, etc.  voir conseils détaillés plus bas.

Conseil :  l’idéal est de rouler les vêtements le plus serré possible, Ils sont facile à ranger ou à prendre et sont  à l’abri de la pluie même si le sac est mouillé (voir photo plus bas)

Sur soi :

Aux pieds chaussures de randonnées déjà utilisées avant le départ lors de l’entrainement (voir rubrique concernée)  avec chaussettes spéciales de marche (ou trek ou courses) adaptées pour ne pas avoir d’ampoules ;

Un pantalon et un slip, un haut léger (pour chaleur) un tee shirt manches courtes, un tee-shirt manches longues, une veste type polaire, ceci dans le but de faire face à toutes les météos, on accumule les épaisseurs au départ le matin à la fraîche et on enlève au fur et à mesure dans la journée quand la température augmente. Pour les femmes, il est préférable de ne pas prendre de soutien-gorge et d’opter pour un soutien-gorge de sport ou un haut de maillot de bain type brassière qui vous permettra d’être à l’aise en cas de grosse chaleur et le soir à l’étape.

Une casquette, un bandeau de trekking, un cache-col ou autre type de chapeau, lunettes de soleil et de vue (si nécessaire).

Sac à dos léger type alpinisme, on en trouve qui ne font que 600 gr et sur les GR ils sont largement assez résistants. Volume maxi : 30 litres pour les femmes, 40 litres pour les hommes, s’il est plus grand vous mettrez plus d’articles donc plus de poids donc plus de fatigue, et c’est le cercle vicieux.

Dans le sac à dos :

Si vous optez pour les hébergements, les oreillers et couvertures sont fournies, prenez seulement le « drap de sac » ou aussi nommé  « sac à viande » ou « sac en soie » et une taie d’oreiller jetable (mais utilisable plusieurs jours)

Tout sera classé dans des sacs-congélation à glissière. Pourquoi ? quand vous aurez besoin de tel article, vous n’aurez qu’à tirer le sac concerné sans défaire tout votre sac, pratique !

Une tenue pour se changer : un autre pantalon léger (ou un caleçon) pour le soir et pour les jours ou on a lavé le pantalon qu’on a sur soi et un seul slip. Pas d’autre tee-shirt, eh oui ! car avec les 4 épaisseurs citées plus haut le jour ou on va laver l’un on prendra l’autre…

Une paire de chaussures pour l’étape, pensez par exemple aux nus-pieds de randonnée qui peuvent vous servir un jour de grande chaleur ou pour traverser un ruisseau.

Toilette : pas de savon (mouillé, dès le 2e jour il devient inutilisable), pas de gant de toilette (le 2e jour,  il pue) ; donc un petit flacon 100ml maxi de shampoing qui fera toilette + shampoing + rasage + lavage du linge. A la place du gant de toilette, une « fleur de douche » petit modèle

la serviette : celle de rando en microfibre n’est pas très agréable, elle sèche vite et est légère et elle ne tient que peu de place, prévoir attache pour la faire sécher sur le sac.

Un dentifrice et une brosse à dent (de préférence pliable)

Un rasoir

Pas de maquillage, pas de parfum, pas de sèche-cheveux… c’est trop lourd

Une pochette « divers » avec prise téléphone, 1 pochette mouchoirs papiers de réserve etc.

Sur le haut du sac, disponible immédiatement , à tout moment, le coupe-vent et la cape de pluie, évitez la « veste de pluie » qui ne protège pas le sac et n’est jamais assez étanche justement au niveau du sac… dos mouillé garanti après la pluie. Le sac doit être sous la cape. Une cape adaptée tient dans un sac de 1 litre et pèse  environ 200 gr, n’hésitez pas à prendre une grande taille elle vous couvrira mieux, avec ou sans manches c’est à vous de voir, de préférence ouvrant devant sur toute la hauteur certaines ont une fermeture à glissière et des pressions, c’est l’idéal.

Pharmacie : vos médicaments perso en fonction de vos traitements habituels s’il y en a et de vos sensibilités (allergies, digestion difficile, tendances aux crampes, etc), et en cas d’accident : arnica, pansements juste 3 ou 4, produit pour les lèvres contre le soleil que l’on peut aussi utiliser sur le nez par exemple ou les joues si nécessaire. Ne prenez rien contre les insomnies, au bout de 3 jours avec la fatigue et le grand’air vous dormirez sans entendre les ronfleurs…

Impératif : le NOK  (produit akileïne) en pharmacie ou tout autre produit équivalent, contre les ampoules et les échauffements . commencer le traitement journalier 15j avant de partir, une noisette en massage pour les 2 pieds pendant 5mn pour bien faire rentrer le produit  sous la plante des pieds et entre les orteils principalement, un tube fera la totalité du parcours, coût de 7 à 12€

Dans la sacoche ventrale :

pochette congélation avec les papiers (CNI, carte bancaire, carte vitale, carte de santé européenne pour l’Espagne, etc… en fonction de vos besoins,

téléphone,

le guide du chemin,

la Compostella

une 2e mini pochette « congélation » à glissière pour les billets et les pièces (c’est le porte-monnaie le moins lourd qui existe !) 2 ou 3gr quitte à le consolider avant le départ avec du scotch sur les soudures.

le tube de pommade contre le soleil pour les lèvres,

une pochette-congélation (et oui, encore une) fruits secs ou barre de céréale ou bonbons

Des gants pour les matins frais

Un « bandeau de trekking multiposition » ou un cache-col polaire (l’hiver) ou une écharpe légère qui servira de tour de cou ou de serre tête contre le froid pour les oreilles, etc.

Une pochette de mouchoirs papiers pour les « arrêts techniques » dans la nature. N.B. il y a de plus en plus de « toilettes sèches » installées le long du chemin

Ceux qui envisagent de dormir sous tente prendront leur équipement approprié, sac à dos plus gros et plus lourd, c’est un choix de vie.

Quel entrainement ?

S’entrainer une fois par semaine, avec l’équipement (chaussures, chaussettes, pantalon, tee-shirt, veste polaire, etc.  sac chargé et sac ventral, quelque soit la météo même s’il pleut, par exemple 10km le 1er jour et augmenter de 2 à 4 km par semaine suivant votre objectif, quand vous arriverez à 25km pour ceux qui vont faire 20km/j vous serez prêts à partir, avec le pique nique et l’eau bien sûr

A ne pas faire…

Partir sans entrainement, ou avec un équipement  inadapté, il faut être capable d’assurer la distance que l’on s’est fixée par jour avec sac à dos rempli et pique nique.

pas de guêtres pour les jambes… vous ne vous en serviriez peut être que 1j donc poids inutile, sauf si vous partez en hiver avec risque de neige.

A faire absolument

S’arrêter souvent quelques minutes, pour se détendre, boire, profiter du paysage, parler avec les gens du pays, etc.

Au pique nique et à chaque arrêt repos de 5mn, enlever les chaussures et les chaussettes à faire sécher au soleil et présenter les pieds au soleil pour sécher.

Risques sur le chemin

les chiens : sur le parcours vous allez rencontrer des chiens, certains sont très agressifs et peuvent mordre surtout si vous êtes seul. donc prudence ! bâton pour se defendre, bombe gel poivre, à vous de choisir.

les punaises de lits : c’est le grand sujet du chemin, à savoir quand même qu’aucune maladie n’a été recensée comme étant transmise par les punaises de lits à ce jour, sauf personne hyper sensible qui sera couverte de piqures, en général cela s’arrête à quelques piqures et 1 jour ou 2 de grattage. On a plus à craindre de tics qui peuvent vous accrocher avec risque de maladie de lime (si le bouton devient rouge dans les 2 semaines), d’ampoules aux pieds qui vous obligent à arrêter.

autre risque du chemin : le « morpion » que vous en rencontrerai forcement un, il est gentil et agréable, il s’accroche à vous sur le chemin puis ne vous lâche plus en profitant de gouter votre plat (parfois même le finir), de boire dans votre verre, de vous accompagner partout, de vous attende à la sortie du gite….

en cas de brouillard en montagne, évitez de partir, risque de se perdre par manque de visibilité et si en plus il y a du froid voir de la neige, c’est un risque de mort, l’année ou nous l’avons fait le chemin du col de Roncevaux était fermé, passage par la route obligatoire car il y avait eu un mort dans la semaine, pèlerin  perdu dans le brouillard et gelé par le froid et la neige (début mai). Soit vous attendez une meilleure météo soit vous prenez un transport en commun pour passer la zone concernée. il s’agit des zones à plus de 1000 m d’altitude (Aubrac, Pyrénées, Cruz de Ferro (après Leon))

Les astuces

Demander à votre dentiste un ou des échantillon(s) de dentifrice, ce produit vous servira aussi de désinfectant en cas de plaie, piqure, etc.

Ne pas plier les vêtements, les rouler tient moins de place et facile à sortir

Tout attacher pour ne rien perdre, prenez 5 « épingles à nourrices » pour attacher vos chaussettes mouillées etc et un ou deux mousquetons (légers) pour accrocher la casquette ou le chapeau, les gants, la serviette qui sèche, etc… ;

le réglage du sac à dos ou plus exactement le « sac à hanches ». Il doit se positionner sur les hanches en 1er , ensuite serrer la ceinture ventrale, puis après mettre les bretelles qui ne servent qu’à tenir le sac pour qu’il ne bascule pas en arrière, ce ne sont pas les épaules qui portent mais les hanches… donc pas de mal de dos. On doit pouvoir passer un doigt entre les épaules et les bretelles.

la cape de pluie, prenez une taille plus grande que votre taille habituelle, elle vous couvrira mieux, avec ouverture totale devant par fermeture à glissière. Il faut mettre la cape de pluie aux premières gouttes d’eau, si vous attendez trop vous serez mouillé, s’il pleut peu ça ne vous prendra que 2mn pour la remballer.

Un caleçon long c’est pratique en cas de froid on le met sous le pantalon, si froid dans le gite on dort avec, et ça peut servir de pantalon pour le soir.

Sur un trajet de plusieurs semaines prévoyez un jour d’arrêt pour vous reposer tous les 10j environ (profitez d’un jour de météo pluvieuse ou d’un site à visiter par exemple), ce n’est pas du temps perdu, vous reposerez votre corps.

L’hébergement 

Il existe toutes sortes d’hébergements de tous niveaux de confort, du gite sommaire à l’hôtel **** , à vous de choisir en fonction de votre budget,  mais pas facile à déterminer avec juste quelques mots sur les guides. vous n’aurez jamais le même hébergement, c’est l’aventure.

gite etape montbonnet gr65 gite haute loire gite chemin st jacques

Il est préférable de réserver, vous serez attendu, au moins pour le lendemain ou les 2 ou 3 jours suivants, et si vous rencontrez un problème et que vous ne pouvez pas aller jusqu’à l’hébergement réservé, pensez à prévenir le gite en début d’après-midi par correction.

Vous pouvez aussi arriver sans réserver,  c’est un choix, qui peut présenter des risques de manque de place ou de dormir au sol ou de faire quelques km de plus…

L’esprit chemin

Vous rencontrerez des pèlerins de tous âges,  de tous niveaux sociaux,  et de tous pays.

On se tutoie en général

On se salue « buen camino » « bon chemin »  etc.

Le risque…

Quand on arrive à l’étape finale prévue, on n’a qu’une envie c’est de continuer…

et au bout, à Santiago (ou au cap Finisterre de Galice), c’est pire…. on veut récidiver… voilà, vous êtes prévenu !

voilà la récompense, ce jour là sur la place le plus jeune pèlerin que nous avons vu plusieurs fois sur le chemin (à gauche en bas de la photo) il avait environ un an puisqu’il marchait à peine avec ses parents et la grand-mère, les autres pèlerins s’assoient, se couchent à même le sol, pleurent d’émotion. C’est un moment fort dont vous vous souviendrai à vie.